Une grand-mère et sa petite fille sourient au travers d'un cœur en papier découpé

Quels sont les droits des grands-parents en cas de conflit familial ?

Vous ne voyez plus vos petits-enfants ? Le lien familial a été rompu lors du divorce de leurs parents, suite à des conflits avec leur parents ou parce que la famille a été recomposée. Sachez qu'en tant que grands-parents (ascendants), vous disposez de droits garantis par la loi : vous pouvez notamment visiter et héberger vos petits-enfants.

Visite, garde, vacances : que dit la loi du 4 juin 1970 sur les droits des grands-parents ?

Vous êtes en mauvais termes avec le père et/ou la mère de vos petits-enfants ? Les relations personnelles sont telles que vous ne voyez plus vos petits-enfants ? Après un divorce, votre ancienne belle-fille ou votre ancien gendre refuse toute visite ? Vous n’êtes pas obligé de voir vos petits-enfants, mais en revanche, personne ne peut vous en empêcher.

 

La loi du 4 juin 1970 relative à l’autorité parentale spécifie que les grands-parents ont un droit de visite et d’hébergement. Le premier vous autorise à recevoir vos petits-enfants pendant la journée. Le second vous permet d’inviter vos descendants à séjourner chez vous, pendant les vacances scolaires par exemple. Dans certains cas, vous pouvez également vous voir confier leur garde si le juge aux affaires familiales (JAF) estime que cette solution est conforme à l'intérêt des enfants.

 

Dans le cas où vous ne pourriez pas les accueillir à votre domicile ou vous déplacer, rien ne vous interdit de maintenir une correspondance personnelle avec vos petits-enfants. En effet, vous avez le droit de continuer à correspondre avec eux par lettre, par mail, ou tout autre moyen de communication (SMS, Web, etc.).

Quel motif de refus du droit de visite des grands-parents selon l'article 371-4 du Code civil ?

Sauf motif grave, ce droit de visite et/ou d’hébergement ne peut vous êtes retiré. « L'enfant a le droit d'entretenir des relations personnelles avec ses ascendants. Seul l'intérêt de l'enfant peut faire obstacle à l'exercice de ce droit. », précise l’article 371-4 du Code civil. Le juge peut refuser un droit de visite ou d’hébergement si la preuve est apportée que la relation avec vos petits-enfants est contraire à leurs intérêts.

 

Cela peut être le cas si :

  • vos petits-enfants refusent de vous voir, auquel cas un juge doit le constater ;
  • vous êtes jugés inaptes à vous occuper d’eux (problèmes financiers, maladie, handicap lourd, etc.) ;
  • le fait de rendre visite à vos petits-enfants peut présenter un danger pour l’enfant (comportements violents ou abusifs, alcoolisme, etc.).

À noter. Si le conflit avec le ou les parents est particulièrement aigu, le juge peut considérer que vos visites ont un effet néfaste susceptible de nuire à l’épanouissement de vos petits-enfants. Dans ce cas, il pourrait mettre fin à la relation grands-parents/petits-enfants.

Jusqu'à quel âge le droit de visite des grands-parents s'applique-t-il ?

La législation française ne fixe aucune limite d'âge pour l'exercice du droit de visite des grands-parents. Que vous ayez 60, 70 ou 80 ans, votre statut d'ascendant vous garantit cette prérogative légale. Cette absence de seuil temporal reflète la volonté du législateur de préserver les liens intergénérationnels.

 

Toutefois, la situation concrète peut évoluer avec l'âge. Un grand-père de 85 ans présentant des troubles cognitifs pourrait voir ses modalités de visite adaptées par le juge. De même, une grand-mère ayant des difficultés de mobilité bénéficiera peut-être de visites à son domicile plutôt que d'un droit d'hébergement.

 

L'âge de l'enfant influence également les décisions. Un adolescent de 15 ans exprimant clairement son refus de maintenir des relations ne pourra être contraint, contrairement à un enfant plus jeune. Les tribunaux adaptent leurs décisions selon cette double considération : capacités des grands-parents et maturité des petits-enfants.

Comment faire valoir ses droits en tant que grand-parent ?

Quand un parent, ou les deux, s’opposent à votre droit de visite et/ou d’hébergement, essayez dans un premier temps de trouver un terrain d’entente : lancez une procédure de médiation familiale (celle-ci ne commencera que si les deux parties sont présentes et ont donné leur accord). Adressez-vous à votre caisse d'allocations familiales ou au tribunal dont dépend votre domicile pour contacter un médiateur familial.

Comment lancer une procédure en justice pour rétablir votre droit de visite ?

Si cette procédure n’aboutit pas, vous pouvez engager une action en justice. Saisissez par écrit le juge des affaires familiales du tribunal judiciaire du domicile de vos petits-enfants. Le recours à un avocat est obligatoire. Il appartiendra au juge de trancher le conflit en dernier recours au regard de l’intérêt de l’enfant, et de fixer les modalités de visite et d’hébergement.

 

Le juge aux affaires familiales peut ordonner des enquêtes sociale, psychologique et/ou psychiatrique avant de rendre sa décision. Si les petits-enfants sont capables de discernement, le juge pourra les auditionner et tenir compte d'éléments complémentaire tels que notamment :

  • les pratiques antérieures existantes entre les grands-parents et les petits-enfants ;

  • le degré d’attachement réciproque entre eux ;

  • les enquêtes sociales éventuelles.

Le juge aux affaires familiales peut vous autoriser un droit de visite et/ou d’hébergement modulable dans le temps (le week-end, un dimanche par mois). Ce droit peut aussi être soumis à certaines conditions – une rencontre dans un milieu « protégé » et encadré, par exemple.

Vous souhaitez être accompagnés dans la défense de vos droits ?

Generali vous propose son contrat Protection Juridique Vie Privée. Il vous permettra de disposer d’un accompagnement dans la résolution de vos litiges, du traitement à l’amiable à l'exercice d'un recours devant une juridiction. 

Enfant avec un casque de cosmonaute en train de lire sur son lit

Quels sont les devoirs des grands-parents vis à vis de leurs petits-enfants ?

Les grands-parents ont des droits mais aussi des devoirs. Selon les articles 205 et 206 du Code civil, vous pouvez être amenés à verser une pension alimentaire à vos petits-enfants en cas de carence des parents. Cette obligation alimentaire, fondée sur la solidarité familiale, existe entre tous ascendants et descendants. C’est donc en qualité d’ascendants que les grands-parents y sont obligés.

 

Naturellement, cette obligation est réciproque : vos petits-enfants peuvent avoir une obligation alimentaire envers vous si vous manquez de moyens de subsistance.

 

Sources : 

Code civil ;

Médiation familiale : annuaire de l’APMF.

 

 

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